Les mots du président Paul Biya sonnent creux. Promesses non tenues, déclarations déconnectées de la réalité… Les Camerounais sont las. Et beaucoup pointent du doigt les « planteurs de mots », ces conseillers qui rédigent les discours du chef de l’État.
LE SCANDALE DU PORT DE DOUALA : LA GOUTTE D’EAU
Paul Biya, a réitéré son engagement à lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics lors de son discours aux jeunes du 10 février 2026. Mais cette promesse semble creuse face aux scandales financiers qui éclaboussent son gouvernement, notamment le contrat de scanning au port de Douala. Les jeunes se demandent si les discours du président sont pris au sérieux quand des fonctionnaires véreux agissent en toute impunité, sans crainte de représailles.
« Je voudrais vous réitérer mon engagement à ne ménager aucun effort pour créer les conditions les plus favorables à votre épanouissement. C’est le sens des instructions que j’ai données au gouvernement pour une action plus efficace de celui-ci. C’est le sens des réformes que j’entends engager prochainement en vue d’un meilleur fonctionnement de l’État. C’est également le sens de la lutte acharnée contre la corruption et les détournements de deniers publics », déclare Paul Biya, dans son discours du 10 février.
Ces engagements ne sont-ils pas vides de sens face aux actes de pillage de la fortune publique sous son regard ? Alors même qu’il invite les jeunes à contribuer à l’édification de la nation…
L’intérêt supérieur de l’État sacrifié à l’autel des avantages financiers colossaux
Ce qui se passe au Port autonome de Douala n’est plus une simple rébellion de fonctionnaires, c’est carrément « un coup d’État scientifique », selon des observateurs avertis. La bataille pour maintenir le contrat de scanning avec SGS dévoile au grand jour le crime économique orchestré par des fonctionnaires mafieux, accrochés à leurs intérêts personnels, au détriment de l’État qui se retrouve dépouillé et exposé à des risques sécuritaires.
Pour vous donner une idée du scandale financier de ce septennat, voici les chiffres : entre 2016 et 2024, le terminal à conteneurs de Douala-Bonaberi a traité plus de 3,48 millions de conteneurs, générant plus de 164 milliards de FCFA de recettes pour l’activité de scanning. Selon le contrat avec SGS, une redevance de 10.000 FCFA est prélevée sur chaque conteneur scanné (85.000 FCFA). Cette redevance a rapporté plus de 26 milliards de FCFA, reversés non pas au Trésor public, mais directement au ministre des Finances et à ses collaborateurs, en cash flow. Un montant dérisoire par rapport aux recettes totales, et surtout détourné de la caisse de l’État !

En regardant la répartition des royalties entre le ministre des Finances et ses collaborateurs, les chiffres sont accablants.
En effet, selon la note d’instruction signée par le Minfi à ce sujet, voici ce que chacun a reçu de la SGS:
– le directeur général des douanes : 19,5 milliards de FCFA;
– le directeur général du Trésor: 2.6 milliards de frs CFA ;
– le comité de suivi : 1,3 milliard de FCFA;
– le cabinet du ministre des Finances : 0,8 milliard de FCFA;
– le cabinet du ministre du Développement local : 0,5 milliard de FCFA;
– le cabinet du secrétaire général du ministère des Finances : 0,3 milliard de FCFA;
– l’unité des Conseillers Techniques : 0,5 milliard de FCFA
La SGS, société suisse, rafle la mise : plus de 138,3 milliards ! Pendant ce temps, les caisses de l’État restent vides : zéro FCFA.
Dans ce contexte de détournement flagrant, les inégalités sociales et économiques s’aggravent, et les jeunes diplômés se posent de sérieuses questions sur l’avenir. Les promesses et discours du chef de l’État sont bafoués par ceux qui sont censés les mettre en œuvre, et cela se fait dans le silence… et l’impunité totale. de 138,3 milliards ! Pendant ce temps, les caisses de l’État restent vides : zéro FCFA.
Paul Fils ELOUNDOU












