L’analyse des données de synthèse du contrat qui lit la multinationale suisse au gouvernement camerounais, l’on constate que la grande partie des ressources financières générées annuellement profite à SGS. Un complot démanteler par le PAD et dont l’impact sur l’économie n’est plus à démontrer.
Au cœur du Port autonome de Douala (PAD), poumon économique du Cameroun traitant 70 % des échanges extérieurs, un système de scanning censé sécuriser les marchandises et booster les recettes douanières s’est transformé en machine à profits privés. Le contrat signé en 2015 entre l’État camerounais et la Société Générale de Surveillance (SGS) révèle un déséquilibre criant. L’analyse des données de synthèse met en évidence l’ampleur considérable de l’activité de scanning réalisée par SGS. Sur la base des volumes traités, le montant total brut généré par cette activité est estimé à environ 148,46 milliards FCFA. Ce chiffre illustre de manière frappante les ressources massives que l’État camerounais aurait pu mobiliser s’il avait choisi d’internaliser ou de nationaliser cette activité stratégique, à fort potentiel de recettes publiques.
Les chiffres choquants qui dénotent un crime économique d’envergure
Selon l’Annexe II du contrat (Rémunération), SGS perçoit directement les redevances auprès des importateurs/exportateurs avant même que les déclarations douanières ne soient acceptées . On remarque dans les accords entre cette structure et le gouvernement un conteneur vide vaut 50 000 FCFA, soit 0 FCFA reversé à l’État (aucune royauté). Celui de 20 pieds est facturé à 60 000 FCFA, soit 10 000 FCFA de royauté perçu par l’Etat ; Conteneur 40 pieds facturé à 85 000 FCFA et 10 000 FCFA de royauté à l’État. En 2025, environ 300 000 conteneurs ont été scannés.
En 2025, environ 300 000 conteneurs ont été scannés. Soit 90 000 conteneurs vides générant 4,5 milliards FCFA pour SGS (0 pour l’État), 120 000 conteneurs 20 pieds pour un résultat de 7,2 milliards FCFA pour SGS avec plus de 1,2 milliard FCFA pour l’État, 90 000 conteneurs 40 pieds avec 7,65 milliards FCFA pour SGS + 0,9 milliard FCFA pour l’Etat. SGS a perçu 19,35 milliards FCFA en un an. Tandis que l État se bat avec 2,1 milliards FCFA.
En comparaison, la part revenant effectivement à l’État, sous forme de redevances, n’est que de 22,38 milliards FCFA, soit seulement 15 % du montant global perçu. Cette disproportion révèle une disparité majeure dans le cadre de ce Partenariat Public-Privé (PPP). La différence de plus de 126 milliards FCFA, qui profite principalement à des structures privées, représente une perte financière colossale pour le Trésor public. Ces fonds auraient pu constituer un levier majeur pour des investissements sociaux et économiques essentiels au développement du pays. Au regard de ce déséquilibre flagrant, la pertinence de ce contrat, tant sur le fond que sur la forme, apparaît très peu favorable à l’intérêt national et justifie pleinement les interrogations sur sa résiliation.
Le PAD interpelé par le chef de l’Etat pour stopper le pillage…
Face à ce scandale, le PAD a pris ses responsabilités pour arrêter la saignée des finances publiques. Le directeur général du port a démantelé le complot. Mettant fin à un contrat controversé pour s’attacher des services de Transatlantic D SA, extension du scanning à 100 % (y compris véhicules). Avec cette décision le PAD reprend le contrôle d’un levier stratégique, au lieu de laisser filer des richesses vers l’étranger. L’État camerounais ne pouvant plus se contenter de miettes sur son propre port.
Paul Fils Eloundou










