Le gouvernement maintien la relation contractuelle avec cette société suisse malgré les irrégularités graves constatées sur le terrain mettant en lumière une carence complice dans le contrat qui lie cette structure à l’Etat. Et au détriment de la nécessité du Port Autonome de Douala de reprendre le contrôle de ses infrastructures critique et de renforcer la souveraineté nationale selon son plan stratégique de modernisation … Enquête.
La bataille du scanning au port de Douala-Bonaberi a pris une autre tournure. À l’immeuble étoile de Yaoundé, le 29 janvier 2026, l’issue de la réunion interministérielle a produit un effet contraire, le maintien de la société suisse SGS. Une décision controversée qui ouvre ainsi un nouveau front dans cette structure qui a fait face à un ouragan judiciaire, tant à l’interne qu’à l’international pour déloger le groupe Bolloré. Pourquoi maintenir un partenaire qui a accusé tant de manquements et donc la validité du contrat est échue ?
Des irrégularités graves qui nécessitent une rupture.
Le gouvernement a signé un contrat d’inspection par scanner avec SGS le 02 mars 2015. Dans les clauses du contrat, SGS devait installer 04 scanners dans un délai de dix mois. La première irrégularité est le retard d’installation des scanners. Le contrat stipulait que les 04 scanners devraient être installés au plus tard le 31 décembre 2015, or SGS a fini l’installation en 2022. Soit sept ans après. L’on a pu également selon l’audit dudit contrat remarqué l’absence totale d’invocation d’une clause de force majeur durant les 7 ans de retard. SGS n’a jamais évoqué une clause de force majeur. Plus grave encore l’on voit une tentative d’extension indue du contrat par cette structure jusqu’en 2032 soutenue par certains membres gouvernement -parmi lesquels l’actuel ministre de la communication et pas moins PCA de la SGS- malgré les instructions du président de la République.
Une tempête médiatique pour masquer la vérité.
Malgré que le contrat avait été signé par le ministre des finances sans associer le PAD en sa qualité de l’un des principaux interlocuteur de l’entreprise sur le plan opérationnel, et en dépit du changement opérés dans les statuts du Port Autonome de Douala avec le décret de 2019, le contrat de la SGS n’a pas été révisé par les signataires. C’est donc naturellement que le directeur du PAD n’a jamais cru devoir y mettre son nez et par conséquent envisager annuler le contrat avec SGS comme le fait croire une certaine opinion. Pour preuve, aucun acte officiel n’existe à ce propos. D’où vient donc que le ministre des finances et celui des transports se soient livrés au jeu de massacre, en accusant le directeur général du PAD, d’avoir annulé le contrat passé entre la SGS et le gouvernement? Toutefois, ce que l’on sait c’est que le conseil d’administration du PAD avait validé à l’unanimité les décisions prises au sujet du lancement de la phase III du projet de sécurisation du port de Douala dans lequel figure le scanning à 100%. C’est également une résolution du conseil d’administration qui a donné quitus au directeur général de poursuivre les démarches administratives en vue de l’installation de Transatlantique D. Une résolution qui n’a eu aucune réserve des membres du conseil d’administration où la présidence, la primature, le ministère des finances, celui des transports, de l’économie et d’autres acteurs de la communauté portuaire sont représentés. Quand on sait que les résolutions du conseil d’administration sont considérées comme inattaquables du fait de cette représentativité…
SGS n’est plus à la hauteur vu l’évolution du PAD
En outre les performances de la SGS n’étaient plus à la hauteur. Entre 2015 et aujourd’hui, l’activité du port a quintuplé, mais le contrat n’a pas évolué pour suivre ce rythme. Aucun avenant n’a été mis en place pour adapter les moyens et garantir les exigences de sécurité et de performance du port. Un scanner qui opère pendant dix ans sans mise à jour ni adaptation aux nouvelles technologies et aux menaces émergentes, c’est problématique. Avec l’évolution technologique et l’ingénierie des contrebandiers, il n’est étonnant que des colis suspects dont parlent les services de sécurité aient pu passer inaperçus. Les armes en pièces détachées et la drogue ne peuvent être détectables que par des équipements à jour, or dire que le SGS n’avaient pas terminé d’installer son dispositif et que les équipements en place n’ont jamais fait l’objet d’un changement après tout ce temps. C’est reconnaître en mondo vision qu’il y’a entourloupe. Une entourloupe qui a mis et continue peut-être même de mettre en danger la vie des millions de camerounais aujourd’hui…
Si le contrat avec la SGS n’a pas tenu compte du trafic avec le flux des marchandises qui a augmenté au port de Douala et n’a pas mis en place le matériel suffisant pour garantir la performance et la sécurité du port. Il est légitime de se demander comment un tel laxisme a pu être toléré aussi longtemps.
Loin de cette bataille se cache de gros intérêts non élucidés. Sinon comment comprendre le maintien de cette entité contre la souveraineté du Cameroun. Pendant ce temps les enjeux économiques restent lourds. Le scanning des marchandises est le filtre de tout ce qui sort et entre sur le territoire camerounais. Il inclus également sécurité des biens et des personnes, la sécurité des recettes douanières (que le contrat avec l’actuel opérateur n’a jamais touché). Ce cafouillage autour d’un acteur stratégique aura un impact d’une manière ou d’une autre sur les échanges, les activités des opérateurs économiques et sur le déploiement du PAD. À qui profite donc le crime ?
Paul Fils ELOUNDOU











